06 janv. 2009
LA LISTE DE CENDRE...
Je voulais, pour ce challenge, une thématique, cependant je me suis rendu compte que j’avais quelques livres dans ma PAL qui tarder à être lu. J’ai donc décidé qu’il n’y aurait pas de thème, même si en grande partie se sont de la littérature fantastique et vampirique.
Je mettrais des liens vers mon blog ainsi qu’en commentaire, pour que vous puissiez lire mes critiques.
ANDAHAZI Federico : La villa des mystères Lu !
BARKER Clive : Le jeu de la damnation Lu !
CODRESCU Andrei : La comtesse sanglante Lu !
DAMASIO Alain : La Horde du Contrevent Lu !
EDDINGS David : La trilogie des joyaux Lu !
FARMER Philip-José : Les amants étrangers Lu !
GAUTIER Théophile : Contes et récits fantastiques Lu !
HENRY Léo : Les cahiers du labyrinthe Lu !
IRVING Washington : La légende du cavalier sans tête Lu !
JAMES Henry : Le tour d’écrou Lu !
KAAN Jess : Dérobade Lu !
LEE Tanith : Ecrit avec du sang Lu !
MAMIER Claude : Récits des coins d’Ombre Lu !
NERVAL (de) Gérard : Aurélia Lu !
O’BRIEN Fitz James : Qu’était-ce ? Lu !
PENROSE Valentine : La comtesse sanglante Lu !
QUEFELLEC Yann : Les noces barbares Lu !
RUAUD André-François : Magie Verte > PAL
STEVENSON Robert Louis : L'étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde Lu !
TOLSTOÏ Léon : La mort d'Ivan Illich Lu !
U > anthologie : Les noëls électriques Lu ! (en 2009)
VALLS DE GOMIS Estelle : Des roses et des monstres Lu !
WILDE Oscar : Le portrait de Dorian Gray Lu !
FETJAINE J.L. : La trilogie des Elfes Lu !
YOURCENAR Marguerite : Nouvelles Orientales Lu !
ZWEIG Stefan : Le joueur d'échecs Lu !
Bonne lecture !
[edit] : J'ai changé quelques titres et auteurs de ma liste, il faut bien que je lise les livres se trouvant dans ma PAL (qui se rallonge de plus en plus d'ailleurs).
J'ai également et malencontreusement triché pour la lettre X. Et pour cause, je n'apprécie pas trop la littérature asiatique et aucun auteur en X me tente... Pour me faire pardonner, j'ai pris une trilogie, je devrais lire 3 livres au lieu d'un seul.
De nouveau un changement pour le lettre U, je remplace Centaure d'Updike par une anthologie.
[edit] : Je n'ai malheureusement pas terminé mon challenge dans les temps... trop de dispersion... Cependant je continue à lire mes 2 livres manquants même si nous sommes en 2009.
Commentaires
Une proposition
Pour le Q, Yann Quéfellec Les noces barbares.
Et ben, t'es partie pour une année de nuits blanches toi ! ;-)
Le portrait de Dorian Gray c'est génial.
Méria : Je le met de suite ! Merci de ta proposition. :D
Bladelor : effectivement, je sens que je suis partie pour des nuit blanches ! En même temps, ça ne me dérange pas plus que ça. Heureusement qu'il y a les nuit pour lire ! ;D
Heu... moi la nuit je dors... Enfin j'essaye ! ;-)
Je pense comme Bladelor : j'ai adoré Le Portrait de Dorian Gray !
Bladelor : ;D
Aelys et Bladelor : Vous me donnez envie de le lire ! Je ne sais pas si je pourrais attendre 2008 :s. Heureusement que j'ai le challenge ABC 2007 à terminer sinon j'aurais sauter sur mon bouquin !
Quelques auteurs pour compléter ta liste (simple suggestion):
E : Annie Ernaux - tu as le choix du roi car beaucoup de ses livres sont bien écrits. Je te conseillerai "La place" ou encore "La femme gelée", "La femme" ou bien "La honte". Tous ces livres parlent d'elle ou de ses parents. C'est très sensible, sans tomber dans la tristesse. Le ton est juste.
T : Jean Teulé - là encore tu as le choix. "Je, François Villon" ou "Ô, Verlaine", deux biographies romancées sur deux grands poètes.
U : Fred Uhlman - "L'ami retrouvé" (connu et archi-connu) ou bien "Il fait beau à Paris aujourd'hui" ou encore "Lettres de Conrad".
J'ai relu dernièrement "Le portrait de Dorian Gray" et j'ai éprouvé un bonheur extraordinaire avec ce livre magnifique et terrible. Dans ma liste ABC 2007, j'avais "L'oeuvre au noir" de Marguerite Yourcenar, qui est - lui aussi - excellent. Sans doute l'un de ses meilleurs livres et très accessible.
Queffelec aussi
Comme Meria, je te conseille fortement Les Noces Barbares de Queffelec que j'ai découvert l'an dernier lors du Challenge ABC 2007 et avec quel bonheur !!!
Sinon j'ai aussi Vingt-quatre heures de la vie d’une femme dans ma liste (temporaire donc pas encore publiée) pour 2008.
je te prête ces titres pour complèter
E, ? Etiemble, Blason d'un corps
T ? TolstoÏ, la mort d'Ivan Illich
U ? Updike John, Couples
X ? Xingjian (Gao Xingjian), la Montagne de l'âme
et là, très bonne(s) lecture(s)
Pour le E et le T ...
Pour le T, je te conseille un superbe livre, assez noir, d'un espagnol, Andrès Tapiello "Les cahiers de Justo Garcia", mais aussi, moins noir et plus romantique, "Un été à Baden Baden" de Léonid Tsypkin. Ou bien de Bruno Tessarech, "Villa blanche".
Pour le E, Annie Ephron et "Une tasse de thé", magnifique. Louise Erdrich et "La chorale des Maîtres bouchers", à lire absolument. Annie Ernaux, avec soit "La place", "Une femme" ou encore "La femme gelée". Je pense que tu devrais pouvoir trouver ton bonheur parmi ces quelques ouvrages que je te recommande pour leur qualité d'écriture et leur histoire.
Merci !
Nanne, merci pour toutes ces propositions ! Plusieurs me tentent énormément, lorsque je me déciderais je les mettrais sur ma liste.
Merci beaucoup ! :D
Que des découvertes
Ta liste est intéressante pour moi, car en dehors de la cantatrice chauve, que j'ai lu au lycée, qui m'avait plu, je ne connais pas les autres auteurs.
Que des découvertes pour moi en perspectives.
Littérature(s) fantastique(s)
Je reconnais plusieurs auteurs de romans vampiriques ;-) Outre ceux-ci, je suis ravie de voir un de mes auteurs préférés : Clive Barker. J'avais profité de mon séjour aux USA pour m'acheter tous ses ouvrages (ses pièces sont introuvables en France).
Je connais très peu la littérature vampirique (à part Anne Rice et la série jeunesse de Stephenie Meyre, en fait, je ne connais rien du tout!) Je vais être ravie de suivre tes commentaires et découvrir le tout!!
Thracinee, j'espère que le livre que je souhaite lire est disponible en France... je l'ai découvert il n'y pa longtemps et l'on m'a dit qu'il était extraordinaire ! Tu as de la chance d'être aller aux Etats-Unis ! Un jour peut-être... ;)
Karine, je connais plus la Fantasy, donc pour moi aussi se sera des découvertes à part pour certains auteurs que je raffole et qui sont dan ma PAL (faut bien que je les lises) !
Thracinee, j'espère que le livre que je souhaite lire est disponible en France... je l'ai découvert il n'y pa longtemps et l'on m'a dit qu'il était extraordinaire ! Tu as de la chance d'être aller aux Etats-Unis ! Un jour peut-être... ;)
Karine, je connais plus la Fantasy, donc pour moi aussi se sera des découvertes à part pour certains auteurs que je raffole et qui sont dan ma PAL (faut bien que je les lises) !
Petite suggestion pour le S
Si tu veux rajouter un livre "vampirique", je te conseille "les fils des ténèbres" de Dan Simmons. Je l'ai beaucoup aimé car il remet ce thème au goût du jour. ;)
Merci Youplala ! Je le note sur ma liste à lire.
J'adooore les vampires et je suis à la recherche de littérature de qualité les concernant. Je vais surveiller ta liste ! :-)
Canthilde, je peux déjà te conseiller, en ce qui concerne la littérature vampirique de qualité, 'Carmilla' de Joseph Shéridan le Fanu, 'Dracula' de Bram Stoker (même si je ne l'ai toujours pas lu), et 'Le manoir des Immortels' d'Ambre Dubois.
Le tour d'écrou, Henry James > 3/5
Une gouvernante est chargée de l’éducation de deux orphelins, Miles et Flora, qui ont été placé chez leur oncle. Celui-ci ne voulant pas s’en occuper, a fait appelle aux services de cette jeune femme. Dès son arrivée, elle est charmée par les deux adorables enfants ainsi que par le lieu et ces habitants, notamment Mrs Grose. Cependant, le manoir va vite se transformé en un lieu épouvantable où des apparitions vont menacer les jeunes enfants. La gouvernante essaiera, en vain, de les sauver.
J’ai été tout de suite captivé par le style d’Henry James, qui laisse juste apercevoir, sans dire un mot de trop, et nous laissant imaginer le pire avec ces non-dits. L'atmosphère est pesante et étouffante, ce qui permet de ne pas lâcher l’histoire. Nous découvrons les pensées de la gouvernante, angoissantes et aliénantes. Et la chute est vraiment stupéfiante.
Un petit classique à lire, ne serait-ce que pour le jeu psychologique des protagonistes.
Merci pour les suggestions ! j'ai déjà lu les deux premiers (les classiques du genre !), je ne connais pas du tout Ambre Dubois.
De mon côté, je peux te suggérer Storm Constantine : "Enterrer l'ombre" et "Exhumer l'ombre", dont j'avais beaucoup aimé l'univers.
En ce qui concerne Henri James, j'adore ses romans psychologiques. Il a un don assez stupéfiant pour suggérer des choses sans les nommer vraiment. Mais je n'ai jamais essayé son côté fantastique. ;-)
Ambre Dubois est toute nouvelle, dans la littérature, 'Le manoir des Immortels' est son premier roman. Et sa suite arrivera bientôt !
Pour Storm Constantine, je l'ai lu et les deux bouquins que tu cites sont mes préférés ! (J'ai pas osé te les proposer étant donner que l'éditeur a fait faillite, ce qui est bien dommage, puisqu'il produisait de superbes livres.) Il y a également les Tanith Lee comme 'Ecrit avec du sang' que je vais lire cette année ainsi que 'La danse des Ombres'.
Pour Henry James, 'Le tour d'écrou' devrait te plaire !
Henry James
je viens de le noter dans ma liste à lire
Merci !
et oui merci ! Car sans même le savoir tu as fait de moi une heureuse lectrice ! En allant sur ton blog, j'ai lu l'article où tu parles de "La boutique de vos passions" sur Ebay et grâce à cette information précieuse j'ai pu commander tous les livres des Editions Oxymore qui me manquaient, car comme toi je suis une grande fan de cette (regrettée) maison d'éditions ! Alors tu mérites largement un immense MERCI !
Emma
Il n'y a pas de quoi ! Ces livres sont de vrais bijoux et il faut les acquérir absolument et rapidement puisque seul ce monsieur en a encore et pour vraiment pas cher !
J'espère que tu viendras me donner ton avis sur tes lectures des éditions de l'Oxymore, sur mon blog ! ;)
A bientôt, j'espère !
Aurélia, Gérard de Nerval > 3,5/5
Gérard de Nerval rencontre Aurélia et en tombe instantanément amoureux. Son image le hante jour et nuit. A partir de ce moment, il n’arrêtera pas d’halluciner et aura plusieurs crises qui l’amèneront dans plusieurs hospices.
L’auteur retrace, ici, ses troubles mentaux avec une admirable lucidité. Il est question quelques fois d’une transfiguration du réel avec un tragique désarroi qui l’envahit, une émouvante sollicitude pour tous les êtres, une souffrance universelle, une inquiétude mystique et son désir pathétique de canaliser l’angoisse et la paix.
Nous nous retrouvons face à une description de la folie des plus admirable avec un style extrèmement agréable.
Bonjour!
Thème inattendu que la littérature vampirique!! Mais intéressant je suivrai tes avis.. Le seul que j'ai lu c'est le cavalier sans tête, car j'avais vu le film (excellent) et quand j'ai appris que c'était tiré d'une nouvelle j'ai été la lire et j'ai apprécié. Bonne lecture.
Les amants étrangers, Farmer > 3/5
Le roman met en scène une expédition humaine sur une planète où règnent des conditions de vie proche de la Terre. Peuplé d’extraterrestres au langage compliqué mais pas insurmontable, ce monde intéresse grandement les humains, dont les intentions réelles tournent évidemment autour de l’invasion et de l’extermination. Hal Yarrow qui fuit sa civilisation ultra-puritaine, dans laquelle il étouffe, fait parti de cette expédition pour rejoindre la planète Ozagen. Il devra étudier le comportement et la langue de ce peuple et découvrira en parallèle l’amour (interdit) entre lui et une extraterrestre en exil.
Ce livre possède les grands thèmes de la SF : voyage spatial, extraterrestre, société humaine oppressive. Lors de sa parution, « Les amants étrangers » ont fait scandale pourtant l’auteur ne montre pas des scènes sexuelles explicite (c’est la cause du scandale). Un ouvrage qui devient « culte » puisque c’est la première œuvre où la sexualité fait parti de ce genre.
Le style manque de rigueur et l’histoire de profondeur, mais on sent bien que toutes les pièces sont présentes.
vampires
Moi aussi j'adore les histoires fantastiques et de vampires, je sens que je vais piocher des idées de lecture dans ta liste !!
L'étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde, Stevenson > 5/5 (coup de coeur)
Excellente nouvelle écrite en 1886 par un écrivain écossais : Robert Louis Stevenson.
L'histoire se déroule aux XIX siècles à Londres. Charles Utterson, un notaire, enquête sur un étrange lien qui semble rapprocher son ami Henry Jekyll et un mystérieux jeune homme Edward Hyde. L'un est un grand scientifique, chimiste et fait partie de la haute société londonienne. L'autre est quant à lui, un personnage sinistre, hideux et sans éducation.
Véritable oeuvre de la littérature d'épouvante, on se retrouve plongé dans les méandres du subconscient et du dédoublement de personnalité. En effet tout au long du récit, on assiste à la révélation des personnalités antagonistes de chacun des deux personnages. Le Dr Jekyll, homme philanthrope étant célèbre dans le beau milieu de Londres et le fameux Mr Hyde, homme abominable, réputé pour ses crimes sordides. En parallèle, le livre est construit sur fond d' enquête policière qui verse petit à petit dans le fantastique et l'enquête psychologique. Et la conclusion scientifique est véritablement exquise...
Une nouvelle à lire, pleine de mystères et de révélations effrayantes sur nos âmes, puisque nous avons tous un Mr Hyde en chacun de nous.
La légende du cavalier sans tête, Irving > 3,5/5
"La légende du cavalier sans tête", connue aussi comme "La légende du Val Dormant", est une nouvelle de Washington Irving, publié en 1819.
L’auteur nous raconte avec beaucoup d’humour et d’ironie l’histoire d’un jeune instituteur du Connecticut, Ischabod Crane, arrivé dans la vallée du Val Dormant (Sleepy Hollow) où vit une communauté descendant des colons hollandais. Le soir, au coin du feu, les vieilles femmes du village se racontent les légendes du vallon, notamment celle du Cavalier Sans Tête. . Légende effrayante où le fantôme était un soldat hessien qui perdit sa tête au contact d’un boulet de canon durant la Guerre d’Indépendance des Etats-Unis. Il rôde depuis dans le Val Dormant à la recherche d’une tête de remplacement. Elle donne à l’héritier local, le jeune "Brom Bones" - qui avec sa bande de copains s’amuse à jouer des tours pour faire enrager les gens du village - l’idée de jouer un bon tour au nouvel arrivant qui se prend un peu trop au sérieux et surtout s’intéresse à la jeune fille que "Brom Bones" veut épouser, la jolie Katrina Van Tassel.
Cette nouvelle révèle avec charme la tranquillité du Val dormant ainsi que son mode de vie. La description des personnages est malicieuse, l’auteur n’hésite pas à utiliser la nature pour les décrire. L’ambiance est joyeuse et effrayante à ses heures. Une agréable lecture fantastique.
En ce qui concerne l’adaptation cinématographique, l'excellent film onirique qu'a réaliser Tim Burton, "Sleepy Hollow", est totalement différent de la nouvelle de Washington Irving, il n’en a conservé que les noms des personnages et des lieux.
Le joueur d'échecs, Zweig > 4/5
Prisonnier des nazis, Monsieur B., en dérobant un manuel d'échecs, a pu, à travers ce qui est devenu littéralement une folle passion, découvrir le moyen d'échapper à ses bourreaux. Libéré, il se retrouve plus tard sur un bateau où il est amené à disputer une ultime partie contre le champion Czentovic. Une partie à la fois envoûtante et dérisoire... L'auteur oppose ces deux grands joueurs d'échecs par des caractères différents : Monsieur B est un homme très cultivé, fin, sensible, éprouvant des sentiments et ayant vécu une lourde période. Tandis que Czentovic a reçu le don du joueur d'échecs, il est inculte, insensible et arrogant.
Un bel ouvrage. L’auteur à une écriture pleine d’humanité et de profondeur. J’ai du mal à exprimer mon opinion tellement ce récit m’a touché. Toujours la même question me vient : comment peut-on en arriver là ? D'ailleurs, lorsque ce texte paraît à Stockholm en 1943, Stefan Zweig, désespéré par la montée et les victoires du nazisme, s'était donné la mort l'année précédente, en compagnie de sa femme...
Le portrait de Dorian Gray, Wilde > 5/5
Ce roman a pour héros, Dorian Gray, un dandy émerveillé par sa jeunesse et sa beauté, et qui mène une vie dissolue.
Basil Hallward, son ami peintre, exécute son portrait. Dorian, admirant le tableau, tremble en pensant à sa jeunesse que le temps va emporter. Erreur funeste, car son vœu sera exaucé : l'aristocrate anglais va, certes, pouvoir rester éternellement jeune, mais son portrait vieillira à sa place et sera progressivement marqué par les ans, les vices et les crimes.
Mesurant mal les conséquences de ce pacte, Dorian Gray célèbre les joies du temps présent. Libéré de tout obstacle, il goûte les plaisirs faciles. Très rapidement, il est gagné par la débauche et la dépravation et ne prône que jouissance, cynisme, et perversion. Incapable d'éprouver le moindre remords, il ne craint pas de devenir un assassin. Si les années passent, le visage éblouissant de Dorian Gray, lui, ne subit aucune altération. C'est son portrait, protégé de tout regard, qui accumule les stigmates de sa dépravation.
Un soir, Dorian Gray prend peur devant cet horrible tableau. Dans un geste désespéré, il le lacère avec un poignard. Au même moment son visage se métamorphose en celui du vieillard qu'il aurait dû être, abîmé par les cicatrices de la débauche. Le portrait, lui, reprend son éclat originel : celui d'un jeune homme à la beauté insolente.
Quel ouvrage ! Quel talent !
Je ne peux que conseiller cette lecture si grandiose. Commencer, on ne peut s’arrêter. Et la chute est merveilleuse, moralisatrice et remarquable. Je suis sous le charme du style de Wilde. Un livre époustouflant, à lire et à relire.
Des roses et des monstres, Estelle Valls de Gomis > 4/5
Second recueil d'Estelle Valls de Gomis publié aux éditions Nuit d'Avril. Nous retrouvons cette élégance, cette poésie, cette délicatesse, ce soupçon de décadence ainsi que ce dandysme appropriés. C'est tout le XIXème siècle qui ressurgit, ses excès comme ses plus enivrantes qualités, le tout relevé par le doux parfum de la rose. Une fragrance enivrante, ensorcelante, omniprésente qui nous emporte de pages en pages vers des créatures improbables et étranges...
Comme son titre l’indique, chaque nouvelle est basée sur la rose et le monstre qui l’entoure, qu’il soit humain ou non humain. Symboliquement, la rose est symbole de résurrection et d’immortalité. Elle est liée à la vie, au sang versé, à l’essence vitale. Elle est parée, ici, de ces plus beaux atours et est diaboliquement séductrice. On se délecte de cette ambiance décadente du XIXème, de cette beauté et cette sensualité, de cette légèreté et ce danger. Estelle Valls de Gomis, avec sa plume élégante, son style à la fois romantique, sombre et drôle, réussit à créer un ballet contrasté, ensorcelant où s'entrelacent vie et mort, douceur et cruauté. Ce recueil au parfum mystérieux de roses est un délice !
La Horde du Contrevent, Damasio > 3,5/5
Ils sont 23 dans la Horde, tous unis, en Pack et en Fer, derrière Golgoth, 9e du nom, le traceur. Il y a Pietro Della Rocca, prince honnête et probe, droit dans ses bottes. Sov Strochnis, le scribe, qui observe et note tout. Caracole, le troubadour, fantasque et léger. Erg Machaon, le combattant-protecteur, vif comme la foudre, solide comme le roc. Oroshi, l'aéromaîtresse qui sent si bien les vents, secrète et réservée ; Aoi Nan, la petite sourcière, si gentille ; Horst et Karst, les jumeaux piliers, toujours prêts, toujours joyeux ; Coriolis, la petite croc ramassée dans un village d'abrités, innocente et courageuse ; Arval l'éclaireur, un vrai lutin, l'autoursier et le fauconnier, la feuleuse, le fleuron et l'artisan du bois... Tous ensemble ils forment la 34ème Horde du Contrevent qui trace en amont vers l'origine du vent. Ils ont été sélectionnés enfant en Extrême-Aval. Leur mission : parvenir à l'Extrême-Amont, source de tous les vents, origine du monde, du moins c'est ce qu'ils croient.
La Horde du Contrevent est à la fois envoûtant, déroutant et souvent tout simplement brillant. L'univers créé par Alain Damasio est tout simplement magnifique, un univers hors temps et hors espace où tout tourne autour du Vent. L'expédition de cette 34e horde nous est racontée de l'intérieur même de la Horde. A tour de rôle les différents témoignages des 23 personnages nous sont relatés. Chacun a son style et sa propre façon de voir les événements qui se produisent, les différents personnages étant distingués par des signes de ponctuation. Ce va-et-vient continu entre les différents personnages confère au récit un dynamisme et nous fait ressortir une galerie de personnages incroyablement vivants et proches de nous. S'en sortir avec 23 narrateurs différents n'est pas chose aisée et le lecteur s'y perdra hélas de temps en temps.
Vous l'aurez compris, ce livre est terriblement original. Cependant il faut dire que si la plupart seront accrochés à ce récit un bon nombre d'entre eux, dont moi compris, se lasseront quelque peu de cette immense aventure.
La villa des mystères, Andahazi > 3,5/5
C’est l’été 1816, dans une grande villa sur les bords du lac Léman. Lord Byron, Percy et Mary Shelley et Claire Clairmont y tuent leur ennui, entre autres, en persécutant le secrétaire de Byron, le Docteur Polidori, être médiocre rongé par la jalousie. Alors que les quatre amis se mettent au défi d’écrire le récit le plus terrifiant qui soit, Polidori reçoit de mystérieuses lettres cachetées à la cire noire. Son correspondant lui propose un étrange pacte littéraire, sans préciser immédiatement ce que Polidori devra céder en échange. Pendant ce temps, Mary Shelley crée un certain docteur Frankenstein …
Dès les premières lignes l’ambiance de ce court roman est posée : une certaine complaisance à décrire les jeux érotiques d’une jeunesse désœuvrée et légèrement décadente derrière la beauté et la jeunesse, mépris des conventions, haine réprimée… Les hommes respirent l’ennui, les femmes se comportent comme de passifs objets de jouissance perverse. Cette histoire purement fictive, mais palpitante, angoissante, ahurissante et exaltante offre une conclusion saisissante. La véritable force, cependant, de cet ouvrage sont les nombreuses et multiples références littéraires, contenues dans ses chapitres.
Contes et récits fantastiques, Gautier > 4,5/5
L’auteur nous offre ici un recueil de douze nouvelles fantastiques dans lesquelles se mêle beaucoup de mysticisme et d'étrangeté. Les personnages semblent inquiétants au premier abord. Mais bien vite, le lecteur est pris par le vertige de cette littérature fantastique et n'a plus qu'une envie: tourner la page pour connaître la suite et la fin du récit.
La Morte amoureuse est sans conteste la nouvelle la plus réussie de ce recueil, au sens où elle est la plus approfondie. On en oublie presque la limite entre délire et réalité. C’est le récit des aventures d'un jeune prêtre amoureux d'une femme-vampire. Celui-ci renverse les codes moraux en présentant un religieux sous l’aspect de démons et le vampire sous celui d’un ange.
Dans ses récits, Gautier mêle ironie et poésie, amour et humour ce qui leurs confèrent une sensibilité touchante et pleine de grâce.
La trilogie des Elfes, Fetjaine > 3/5
Il y a bien longtemps de cela, à une époque révolue, enfouie dans les légendes, la déesse Dana, mère des Thuatha Dê Danann, a légué aux quatre tribus peuplant la terre quatre talismans garantissant l' équilibre. Les monstres ont hérité de la lance du dieu Lug, les elfes du chaudron de la connaissance de Dagda, les nains reçurent l’épée de Nudd nommée Caledfwch, aussi appelée dans la langue des hommes, Excalibur. Enfin, aux hommes, échue le Fal Lia, ou pierre de Fal, qui gémit dès qu'un roi légitime s'en approche.
Si l'on ouvre le premier tome de la trilogie, et qu'on lit les premiers chapitres, l'oeuvre parait très intéressante. Les légendes Arthuriennes et celtiques mêlées à de la fantasy (Nains, Elfes, Magiciens...) séduisent. Cela démarre rapidement et on est tout de suite pris dans un tourbillon d'évènements. C'est bien écrit et agréable à lire. Cependant l’influence Tolkien est très présente, notamment dans les descriptions, ce qui m’a particulièrement exaspéré et nous nous retrouvons à faire des comparaisons entre l’œuvre de Tolkien et celle-ci. L’histoire est à peu de chose près semblable : quatre talismans pour quatre peuples différents, l’équilibre est basé ces appartenance, celui du mal doit être dépossédé ou détruite afin que la paix puissent être total…
Cette trilogie est tout de même à découvrir, plus pour le mélange des genres qui confère au récit un plus non négligeable et parce que c’est l’un des rares auteurs français de Fantasy.
La comtesse sanglanten Penrose > 3,5/5
Penrose retrace ici l’histoire de cette « comtesse sanglante ». Sans en faire l’impasse, l’auteur s’attarde heureusement peu à toutes les tortures auxquelles elle s’est adonnée dans ses délires mais insiste beaucoup plus sur les mœurs de son temps et de son pays, sur la sorcellerie ambiante et la personnalité totalement dérangée de cette comtesse prête à tout pour conserver sa beauté. Un point fort dans l’ouvrage réside dans le parallèle entre la comtesse et Gille de Rais, qui perpétra des exactions équivalentes sur de jeunes enfants (essentiellement des garçons) au XVème siècle.
Pas vraiment facile à lire, autant par le style que par l’histoire en elle-même mais très intéressant pour découvrir une partie de notre histoire.
Le tour d'écrou
Ca a l'air génial! Si tu permets, je le mets dans ma liste, il me manque justement mon J... Merci!
Je t'en pris ! C'est un auteur que j'appécie énormément, par son écriture mais également par l'univers qu'il crée.
Ecrit avec du sang, Lee > 4/5
Un magnifique recueil de nouvelles qui démontre une nouvelle fois les excellents choix éditoriaux des défuntes éditions de l’Oxymore. Tanith Lee confirme ici sa maîtrise du sujet vampirique. Au fil de 10 nouvelles, réparties en cycles temporels : Passé, Présent et Futur, l’auteure nous propulse dans ses interprétations du mythe des suceurs de sang.
A la fois classique, avec « Rouge comme le sang » qui offre une interprétation originale et perverse du conte de Blanche-Neige, antique avec « Il Bacio » qui nous projette au temps des Borgia, contemporain et ambiguë comme « La vampiresse », voire complètement futuriste avec « La merveilleuse machine qui mord ». Tanith Lee explore les différents sentiers du vampirisme, proposant des relectures de textes connus, interprétant à sa manière certaines caractéristiques vampiriques. L’auteure appose de manière efficace sa patte sur la thématique, et s’affirme comme une des grandes dames de la littérature fantastique.
Un recueil de nouvelles excellentes qui démontre sa vision très personnelle pour les vampires.
Je viens de poster ma liste. Je l'avais un peu oublié.
Hé mais tu avances bien dans ton challenge !
Je viens de parcourir tes commentaires, ta liste est vraiment super intéressante! On a beaucoup de lectures communes et j'ai envie de découvrir pleins de titres que tu as lus. Je voulais te remercier pour le bon tuyau de "La boutique de vos passions" sur ebay que j'ai trouvé un peu plus haut dans tes commentaires. Je suis allée y faire un tour tout à l'heure et j'ai acheté une dizaine de bouquins Oxymore, dont "Conversations avec la mort" et "Ecrit avec du sang" que je cherchais depuis longtemps!! Je suis super contente. Ce sera ma première lecture de Tanith Lee...
La liseuse > Ta liste progresse aussi !
Marlène > Je suis heureuse que tu ais trouvé "La boutique de vos passion" sur Ebay, en plus les livres sont neufs ! Je te souhaite une très bonne lecture et j'espère que tu apprécieras ces merveilles !
Je vous remercie toutes les deux. Je viens de me commander 10 nouveaux oxymore qui vont s'ajouter à ma collection oxymorienne. Chouette !
Super! Lesquels as-tu dénichés?
:D
Entre lectrices oxymoriennes, nous ne pouvons que nous entre-aider ! ;)
Et oui, lesquels avez-vous pris, toi et Marlène ? *curieuse*
J'ai acheté Musiques de la frontière et Conversations avec la mort de Léa Silhol, Ecrit avec du sang de Tanith Lee, Dérobade de Jess Kaan, les anthologies Magie verte et Cités perdues, et Récits des coins d'ombre, Les cahiers du labyrinthe, Loin à l'intérieur, Douze heures du crépuscule à l'aube. J'ai aussi La sève et le givre, Les contes de la tisseuse, Il était une fée, Le dictionnaire féérique, et les Emblèmes Les fées, Doubles et miroirs et La mer.
Et toi Cendre, ta petite collection??
Quel plaisir de lire ceci ! Ces livres sont magnifiques tant sur la forme que sur le fond !
Personnellement je les ai tous et j'en suis ravie ! Tu peux voir ma petite collection sur mon blog dans la rubrique "Instant Littéraire".
N'hésite pas à acquérir les autres.
Vive Oxymore !
On devrait monter un club des accros oxymoriennes ! C'est grâce à Cendre que j'ai moi aussi pu compléter ma collection (merci La boutique de vos passions !) et j'en suis ravie !
C'est vrai que ces livres sont magnifiques, avant même d'être ouverts, ils nous plongent dans un univers. Malheureusement, ma collection est incomplète... snif !
Que c'est agréable de découvrir des gens ayant les mêmes goûts que moi! Je partage tout à fait votre avis à toutes sur Oxymore. Même pas encore entamés, ces livres nous attirent déjà!
Voilà mes achats que j'attends avec impatience. Ils sont partis lundi : les anthos "Chimères", "Rêves" n°4, "La mort ses vies..." n° 7 HC, "La route" n°9, "Société secrètes" n°10, "Polars" n°12, "La mer" n°13, "Les portes" n°14 et les recueils "Récits des coins d'ombre", "Les fées HS2" de Léa Silhol.
Je les ai presque tous. Quand on aime, on ne compte pas, lol !
Je ne sais pas si on peut encore trouver "La sève et le givre" neuf dans cette édition... Il me manque celui-là entre autre.
Tu vas voir, "La mer" est un superbe recueil qui m'a vraiment marqué!
J'ai vu "La sève et le givre" dans une bouquinerie à Rennes ce weekend. Je ne sais pas dans quel coin tu habites mais en Bretagne et Normandie, ils ont souvent des arrivages Oxymore depuis la mort de la maison d'édition.
Belles acquisitions ! J'espère que ces merveilles vous plaisont autant qu'à moi !
Nouvelles Orientales, Marguerite Yourcenar > 3,5/5
Les Nouvelles orientales comptent dix nouvelles de Marguerite Yourcenar. Elles ont été publiées d'abord séparément, puis retravaillées avant de constituer ce recueil. Nous avons : « Comment Wang-Fô fut sauvé », puis « Le Sourire de Marko » ; « Le Lait de la mort » ; « Le dernier amour du prince Genghi » ; « L'Homme qui a aimé les Néréides » ; « Notre-Dame-des-Hirondelles » ; « La veuve Aphrodissia » ; « Kâli décapitée » ; « La Fin de Marko Kraliévitch », et enfin « La tristesse de Cornélius Berg ».
Dans Les Nouvelles orientales, le personnage féminin est secondaire, ce qui ne signifie pas pour autant qu'elles n'ont pas un rôle essentiel dans la narration. La multiplication des visages, d'un récit à un autre, révèle l'intérêt que leur accorde l'auteur. Ainsi se côtoient des femmes médiocres, des saintes et des séductrices, développant par là même occassion la complexité de l'identité féminine.
Si les visages féminins sont multiples dans ce recueil, c'est qu'elles dessinent les contours indéfinissables de la féminité. Aucun schéma caricatural n'est proposé, mais, tout en étant fidèle aux traditions de cultures machistes, Marguerite Yourcenar se refuse à réduire la féminité à des clichés. Cruelle, sainte ou séductrice, la femme demeure un mystère, dans lequel l'homme doit se perdre pour mieux se retrouver.
Des histoires très agréables à lire. Marguerite Yourcenar raconte avec merveille, elle nous entraîne jusqu'à la fin sans nous en rendre compte. Chaque récit aussi court soit-il est complet en lui-même, une narration efficace. Une auteure que je découvre avec plaisir pour la première fois et dont j'ai apprécié le style précis, minutieux et poétique.
Le jeu de la damnation, Barker > 4/5
"Le jeu de la Damnation" est le premier roman de Clive Barker. Celui-ci réunit tous les éléments qui lui sont cher : de l'horreur, avec de nombreuses descriptions, des zombies, des tueurs et quantités de créatures répugnantes... Mais aussi de la fantasy. On sent que Barker aime à créer des mondes fantastiques et imaginaires. Enfin, ajoutons toute une galerie de personnages tordus et troubles pour peupler ces mondes et animer ce roman. Le mystérieux Mamoulian se distingue au milieu de ces êtres torturés que Barker façonne pour notre plus grand plaisir. Il est un joueur de cartes, un revenant, un magicien... ce personnage aux multiples facettes et aux motivations obscures est littéralement fascinant. Il est un façonneur de formes, un illusionniste expert dans l'art de créer des illusions d'un réalisme atroce. Illusions que la plume de Barker cisèle dans toute leur horreur. Mamoulian défie le temps et la pensée, vivant (mort ?) depuis plus de deux siècles. Il rencontre Whithead dans les ruines de Varsovie. Joueur lui aussi, le futur millionnaire passe un terrible et secret marché avec l'étrange personnage. Ainsi le jeu est le moteur de tout le récit. Le jeu, le hasard et le sort s'entremêlent dans l'oeuvre de Barker, et tous sont des métaphores d'un combat entre la vie et la mort, entre l'existence et le néant.
L'auteur crée et entretient dans son livre une atmosphère de mystère particulièrement prenante. Le récit est furieusement original et Barker parvient à nous emporter avec une facilité déconcertante. Sa plume distille cette ambiance unique et bizarre qui fait tout le charme de ses oeuvres, en insistant chaque fois sur des détails et des symboles fascinants. Le livre regorge ainsi d'allusions littéraires et artistiques.
Ainsi, tout au long du roman, on sent qu'un véritable travail d'écriture a été fournit pour nous le rendre à la fois malsain, trouble et accrocheur.
Ton commentaire me donne envie de le lire. Un copain me l'a prêté depuis plusieurs mois mais je n'ai pas réussi à l'entamer pour l'instant, ça ne me disait rien. Apparemment, il a eu raison d'insister! Je vais tenter.
Ton copain a eu raison d'insister, faut absolument que tu le lises ! Cela faisait bien longtemps que je n'avait pas été autant horrifié, dans le sens écoeurer... Bref, une très belle découverte !
La comtesse sanglante, Codrescu > 2,5/5
Le roman d’Andrei Codrescu met en parallèle deux histoires : celle de la comtesse, depuis son enfance jusqu’à sa mort, qui fut jugée pour avoir torturé et assassiné environ 650 jeunes vierges afin de se baigner dans leur sang, et de conserver, par ce moyen, sa jeunesse. Bénéficiant de protections politiques, elle fut emmurée dans l'un de ses châteaux où elle vécut cinq années, nourrie par une trappe, avant de s'éteindre. Enfant extrêmement intelligente, douée d'un don d'imitation et d'une curiosité sans limites, elle est tenue à distance par une mère glaciale et marquée à 9 ans par des événements d'une violence extrême (ses soeurs sont violées et assassinées sous ses yeux). Nous la voyons grandir entourée de sorcières, d'astrologues, d'alchimistes et de précepteurs catholiques et luthériens qui se livrent une guerre sans merci pour son âme. Et d'un autre côté, celle d’un de ses descendants imaginaires, Drake Bàthory-Keresztur. Américain d'origine hongroise, il retourne à Budapest après l'effondrement du communisme, alors que toutes sortes de factions royalistes ou fascistes tentent de retrouver le pouvoir par la force ou par les urnes. Correspondant de presse, il recherche, dans les archives, des documents relatifs à sa fameuse ancêtre et se trouve mêlé au meurtre d'une jeune fille, pris dans un engrenage machiavélique. Il échappe aux poursuites judiciaires en Hongrie, mais à son retour aux Etats-Unis il se rend aux autorités de New York.
L’ouvrage possède, de plus, des éléments infimes au vampirisme par les notion de sexualité et d’immortalité. En effet, obsédée par le sang, et son pouvoir de rajeunissement, n’hésitant pas à pratiquer une certaine forme de cannibalisme sur ses victimes, Erzébeth Bàthory n’en est pas moins l’un des personnages historiques à avoir le plus inspiré le mythe.
Si les parties historiques, bien que librement adaptées, sont intéressantes et bien menées, il n’en va pas de même pour la partie contemporaine, qui brille par ses lourdeurs, son côté fantastique mal maîtrisé et ses personnages peu aboutis.
Les Cahiers du Labyrinthe, Henry > 3,5/5
Il s'agit d'un recueil de 12 nouvelles alliant les trois genres de l'imaginaire : Fantastique, Fantasy et SF. Je vous appose le résumé de mes préférées.
- Défait
Un homme raconte sa rencontre avec une étrange femme, chez un spécialiste (psychologue, psychiatre ou psychanalyste, nous ne savons pas).
- Merry Elodie
Elodie est une surprenante jeune femme qui entend des voix dans l'eau, des voix qui lui disent qu'elles l'aiment et qu'elle peut les rejoindre...
- Notes pour un labyrinthe
Un homme décide d'écrire sur un cahier l'histoire de ses souvenirs. Il a peu de temps car sa mémoire s'enfuit. Et c'est pour aider l'amnésique qu'il est en train de devenir qu'il adresse cette confession à une seule personne : lui-même.
- Ne la laisse pas s'enfuir
Un jeune homme hésite à appeler une jeune fille lorsque le téléphone de la cabine se met à sonner. Il hésite puis décroche. A l'autre bout du combiné, un étranger l'encourage dans sa démarche. Puis il raccroche. A partir de ce jour, le jeune homme passera sa vie à croiser des cabines téléphoniques du monde entier ; mais c'est lui qui appelle...
- Lettre Ouverte à cet Autre qui est Moi
Un étudiant crée son double sur un ordinateur afin que celui-ci l'aide à devenir écrivain. Tout va bien jusqu'au jour où, n'ayant plus d'idées, il décide d'arrêter d'écrire. Mais son double ne le laisse pas faire…
Dès la première nouvelle, Léo Henry nous met tout de suite dans l’ambiance du recueil : étrangeté, perte dans les méandres psychologiques, folie… Il nous entraîne sur le fil du rasoir de la vie où l'on ne sait plus faire la différence entre le réel et l'irréel. L’auteur écrit et décrit des situations avec finesse et une grande poésie se dégage de ses textes. Il me semble que vous pourrez retrouver Note pour un Labyrinthe dans l'Anthologie (dirigée par Léa Silhol) Venise Noir, chez le défuntes éditions de l'Oxymore.
J'ai acheté ce livre, et j'en suis bien contente que je lis ton commentaire! Ca a l'air très bien.
Pour ma part je suis dans "Le club des petites filles mortes"...
Eh tu as bien avancé! Ta liste est presque bouclée, bravo!
:)En effet c'est vraiment pas mal, la lecture est facile et on prend plaisir à découvrir le livre.
J'ai hate de découvrir ton avis sur "Le club des petites filles mortes de Gudule !
Alors ton voyage ?
Il me reste tout de même 9 livres à lire mais tu as raison, j'ai presque terminé mon challenge ! Toi aussi tu avances vite et pourtant tu n'étais pas là dès le début.
Il me reste tout de même 9 livres à lire mais tu as raison, j'ai presque terminé mon challenge ! Toi aussi tu avances vite et pourtant tu n'étais pas là dès le début.
Coucou Cendre!
Mon voyage était super, malgré un temps de m... Je me lasse pas de ce pays, de ses paysages et de ses gens. Je pense que ça te plairait aussi, vu ton blog, vu tes lectures!
Bientôt mon commentaire pour Gudule, je pense le finir aujourd'hui. Pour tout te dire j'ai hate de le finir car c'est très glauque, très dur. Je te dis tout ça bientôt.
C'est vrai que mon challenge avance bien mais j'ai une facilité : je suis bibliothécaire et mon chez nous laisse lire au prêt!!!
A +!
Je pense partir bientôt en Ireland, enfin bientôt... courant 2009 !
Bibliothécaire ? Ah mon rêve également ! Actuellement je suis en histoire de l'art et aimerais partir en licence professionnelle métiers du livre (bibliothèque ou librairie). Depuis combien de temps l'es-tu ? Quel parcours as-tu fait ? Peux-tu me renseigner d'avantage sur ce métier ?
Merci d'avance !
Dérobade, Kaan > 4/5
"Dérobade" est le premier recueil de nouvelles de cet auteur. D’ailleurs, nous pouvons retrouvez deux nouvelles, "Bloody Venise" et "Quand lune saigne", dans les anthologies "Venise Noire" et "Lilith et ses sœurs".
Voici mes préférés :
- Quand Lune Saigne
Philip voit du sang partout, sa femme morte, son fils tué... Il ne se souvient plus de ce qui c’est passé. Mais le fantôme de sa femme, Angie, le hante...
C’est alors qu’il se souvient : ils ne pouvaient pas avoir d'enfants, et c’est servit des légendes de sa grand-mère pour l’avoir. Mais pour quel prix... ?
- London Calling
Qui se soucierait de la mort d'un clochard qui plus est quand il a laissé une lettre pour indiquer les causes de son suicide ; à vrai dire, pas grand monde mais pourtant une lettre envoyée aux bonnes personnes entraîne une enquête un peu plus approfondie : tellement approfondie que le sergent Grawith va voir un côté disons pour le moins étrange de Londres.
- Sukkal
Dans un monde post-apocalyptique les humains résistent toujours aux Sukkalin, ces anges au corps d’homme et à la tête d’aigle. Après un affrontement avec un sniper humain, un Sukkal va rencontrer un bien étrange personnage qui se fera l’avocat de l’humanité et de la religion.
- Katzentreu
Quand vous rencontrez la femme de votre vie mais que votre chatte ne le supporte pas vous n'avez pas d'autre choix que de vous séparer de l'une ou de l'autre : Faites le bon choix !
- An Urban and Modern Faery Tale enfin presque (surtout celle-ci)
Mo et ses amis tout occupé qu'ils sont à jouer les taggers, ne comprennent pas pourquoi cette femme gothique s'en prend à eux escortée de son armée de sept nains... Ils commencent à être encore plus surpris quand ils se retrouvent entraînés dans un combat entre cette dame en noire et une dame en blanc secondé par un loup, une grand-mère et autres corbeaux... Quand les descendantes de Perrault et Grimm s'empoigne à coups de contes de fées et que leurs personnages viennent empiéter sur la réalité gare à vous !
- Le Bayou
Un jeune cadre dynamique stéréotypé doit expulser un vieil ermite de son coin de bonheur. L’entreprise de séduction qu’il entame pour rallier le vieil homme aux vues du groupe d’investissement qu’il représente, va se retourner contre lui. L’approche écologique du vieil homme charme le JCD et la magie des lieux gagnera sur le matérialisme de nos sociétés.
Le maître mot pour qualifier ce recueil est diversité. Le lecteur passe de l’horreur au fantastique, de l’humour à la SF et de l’écriture engagée aux délires les plus fous. Ambiances différentes, problèmes de société, son écriture efficace nous fait entrer dans des mondes où l’espoir est parfois absent.
Certains thèmes reviennent sous des angles différents : face cachée des grandes villes, leur côté obscur ; la revanche de la nature sur l'homme (notamment dans la nouvelle Dérobade où nous voyons la forêt se venger des ravages de l'homme...). Du rire à la terreur, de la douceur à la douleur, Jess Kaan emmène son lecteur à travers les émotions les plus variées. A découvrir avidement !
Pas de problèmes, donne-moi ton adresse mail ou écris-moi à marlene76@free.fr, je te dirai tout ça!
Merci beaucoup ! Je t'envoie un mail dès que possible !
Salut Cendre, as-tu lu "La danse des ombres" de Tanith Lee? Je l'ai vu sur ebay mais j'aimerais un avis... Merci!
Non pas encore, mais je l'ai dans ma PAL (enfin que le tome 1). Cependant, je n'en entends que du bien !
Ton mail arrive bientôt... désolée du retard.
Récits des coins d'Ombre, Mamier > 3/5
Des huit nouvelles qui composent ce recueil, "Jusqu’à ce que la Mort", "On the little road to nowhere", "Neo Amsterdam" et "Les Aiguilles" sont sans doute les plus marquantes.
La première dépeint les affres d'un héros que la Mort a toujours refusé d'emmener, et qui voit tomber les uns après les autres celles et ceux qu'il aime. Il apprendra avec stupeur pourquoi il a été épargné, mais acceptera-t-il son destin ?
"On the little road to nowhere" débute sur un jeune homme qui passe son temps à compter les voitures défilant dans la rue. Il a eu une révélation. Le flot de véhicules est comme celui du temps : il coule sans que personne ne puisse l'arrêter.
"Neo Amsterdam" est le nom d'une prison d'un nouveau type. Ces maisons d'incarcération ne sont désormais plus sur Terre mais sur son satellite (la lune). Pour rendre l'éloignement plus supportable aux condamnés, des grandes villes y ont été reconstituées. Le plus grand danger de cet endroit est le styx, une drogue qui rend fous ceux qui sont en manque…
Enfin, "Les Aiguilles" nous raconte l'histoire d'un tranquille antiquaire occupant ses journées à pulvériser son record personnel de jetés de boulettes dans sa corbeille à papiers. Il voit un jour débarquer dans sa boutique un étrange visiteur. Il veut lui vendre une belle boîte ouvragée contenant une vieille pièce de cuir plantée de six aiguilles. Hal accepte de la lui acheter. Il n'a alors aucune idée de ce qu'il vient de déclencher…
Dans une postface détaillée, Claude Mamier nous livre la genèse de ses textes et c'est toujours intéressant d'apprendre comment les idées surgissent. Récits des Coins d'Ombre a pour thème principal la mort, toujours douloureuse, toujours présente…C’est un recueil agréable à lire même si les conclusions ne sont pas constamment à la hauteur de ce que laisse présager les débuts. Il n’en reste pas moins que chaque ambiance et personnage peuvent nous marquer.
La trilogie des Joyaux, Eddings > 3,5/5
Nous plongeons tout de suite dans l'action avec un héros des plus exemplaires. Un vétéran, un chevalier, le champion de la reine qui plus est, et il est même un tantinet magicien. Voila donc de quoi faire une belle aventure, d'autant plus que l'enjeu s'annonce bien vite à la hauteur : sauver la Reine et le royaume, voire même l'ensemble du monde civilisé.
Même si, cette trilogie n’est apparemment pas la meilleure d’Eddings, je pense que c’est un bon début pour découvrir cet auteur. L’histoire nous tiens en haleine jusqu'à la fin, et l’humour est particulièrement cynique, ce que j’apprécie. Les joutes verbales sont des plus pittoresques. Cependant, la trilogie n’est pas spécialement basée sur l’humour, bien au contraire. Tout récit avec un peu d’aventure se doit d’être triste et touchant (la mort est présente pour tenir le lecteur). Ensuite, les femmes ne sont plus reléguées au banc de faibles, vous aurez sans doute remarqué que Séphrénia ne faisait jamais la cuisine…
L'intrigue reste légère, avec des méchants bien méchants, plutôt stupides, mais qui ne peuvent tomber avant la fin de l'histoire.
Ce fut une lecture agréable qui me permettra surement d’approfondir cette découverte avec la Belgariade ou la Mallorée. A suivre donc !
La mort d'Ivan Illitch, Tolstoï > 4,5/5
Ivan Ilitch est un fonctionnaire appliqué qui a grimpé les échelons de la réussite à force de travail mais aussi de persuasion et de pression sur autrui. Son mariage, au début heureux, le rend amer. Ses collègues ne voient plus en lui qu'une réserve de services en attente. Sa vie pourrait être belle, il essaie de s'en convaincre. Jusqu'au jour où Ivan Ilitch tombe malade. Aucun médecin ne peut le soulager, la douleur ne le quitte plus et avec elle, bientôt, la mort. Les derniers jours d'Ivan Ilitch sont pour lui l'occasion, hélas tardive, de se remettre en question et de poser des questions cruciales sur ce qu'a été sa vie, ce qu'elle aurait dû être, ce qu'il aurait surtout fallu montrer. Jusqu'au bout, l'apparence est maîtresse du royaume.
Sans doute est-ce le texte le plus saisissant et le plus lucide sur la mort et la solitude du mourant. A travers un récit constamment attaché à la matérialité des faits: la maladie, l'indifférence de l'entourage, la réussite sociale, Tolstoï compose un petit traité de métaphysique. Et s'il semble donner le dernier mot au désespoir, c'est pour mieux montrer la pitoyable royauté de l'homme qui a le pouvoir d'accéder à sa propre vérité.
Qu'était-ce ?, O'Brien > 4/5
"Inconnu au bataillon et mort au champ d’honneur !" Telle pourrait être l’épitaphe de Fitz James O’Brien. Cet auteur d’origine irlandaise exilé aux Etats-Unis ne fut en effet guère plus reconnu de son vivant, qu’après son décès au début de la guerre civile américaine. Ses contes fantastiques sont capables de rivaliser en "extraordinaire" avec ceux d’Edgar Allan Poe. L'œuvre d'O'Brien, aux thèmes typiques du fantastique classique, semble en fait être une mosaïque ou un tissu cousu d'influences, de traditions et d'éclairs d'originalité. Ses textes, comme son fantastique, sont une sorte de corps hybride. Une complicité est instaurée entre l’auteur et le lecteur, renforcée lorsque le narrateur souligne, en début de récit, le caractère indicible de son histoire, indescriptible de son expérience : « Les événements que je me propose de relater en détail sont d’une nature tellement extraordinaire que je m’attends à rencontrer une somme peu commune d’incrédulité et de mépris. » L’aveu de ce type de difficultés remet le scripteur au niveau d’un être humain ordinaire, c’est-à-dire le lecteur. Un tel narrateur joue, de surcroît, la carte de la sincérité qui donne à certains éléments du récit le poids de la réalité, et parfois même l’illusion de l’identification avec l’auteur de l’ouvrage. L’effet de fantastique repose sur cette complicité et cette authentification passant par la réflexivité. En d’autres termes, Qu'était-ce ? s'amorce comme un récit à double interprétation (ironie du ton et rôle de l'opium) pour s'engager dans le « merveilleux noir » en balayant d'un coup les possibilités d'hésitation.
N’oublions pas que cette nouvelle fut d’une grande ressource pour Maupassant qui a concocté le Horla. Le travail d’écriture chez Maupassant dépasse de loin son modèle dans la mise en œuvre du fantastique. La nouvelle de F.-J. O’Brien donne beaucoup plus d’éléments d’explication rationnelle.
ça a l'air super bien ! Ton commentaire est très intéressant, ça me donne vraiment envie de le lire !
:D
Un autre argument : il se lit très très très vite puisqu'il ne fait qu'une 50ène de pages. Idéal pour découvrir un auteur !
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