Challenge ABC 2008

26 lettres = 26 auteurs

10 mai 2008

LA LISTE DE PHILO

Voici mon challenge ABC.Il n'y a pas de thème précis. Ce sont des livres issus de mes PAL et LAL. La majorité sont des titres que je voulais lire, que l'on m'a offert et qui attendent depuis dejà trop longtemps, des auteurs que je voulais découvrir.

Eliette abecassis : Mon père

Stéphanie Barron :Jane Austeen et le prisonnier de Wool House

Bernard Clavel : Les grands malheurs

James Dickey : Délivrance

Nicholas Evans : L' homme qui murmurait à l'oreille des chevaux

Gustave Flaubert : Salammbô

Arthur Golden : Geisha

Khaled Hosseini : Milles soleils splendides

John Irving : La quatrième main

Alexandre Jardin : Le petit sauvage

Guy Gabriel Kay : Les lions d' Al-Rassan

Stieg Larsonn : Millenium,tome 1 : les hommes qui n'aimaient pas les femmes

Fionna McIntosh : Le dernier souffle, tome 1 : le don (il a été récemment commenté mais c'est le seul M que j'avais à ma disposition, autres idées bienvenues.)

Amèlie Nothomb : Hygiène de l'assassin, ou La métaphysique des tubes

Eric Orsenna : Madame Bâ

Edgard Allan Poe : Nouvelles histoires extraordinaires

Yann Queffélec : Les affamés

Jeanne Ray : La cerise sur le gateau

Romain Sardou : Personne n'y échappera

Hélène tournaire : Poivre vert, l'Inde aux rayons X

Jonh Updike : Les sorcières d'Eastwick

William t. Vollman : Central Europe

Bernard Werber : Le papillon des étoiles

Gao Xingjian : La montagne de l' âme, ou Une canne à pêche pour mon grand-père

Marguerite Yourcenar : Mémoires d'Hadrien

Stéphan Zweig : La confusion des sentiments

Posté par Marifran à 09:13 - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Pour le nothomb personnellement j'ai préféré hygiène de l'assassin, son premier roman. C'était aussi le premier que je lisais donc forcément il a fait son impression. Etait-ce par lassitude ou autre mais j'ai moins aimé Métaphysique des tubes.
Bonnes lectures!

Posté par Elodie, 10 mai 2008 à 10:42

Bonjour Elodie, j'ai choisi A.Nothomb, car c'est un auteur que je voulais découvrir. La métaphysique des tubes aynt été commenté récemment, je vais probablement suivre ton conseil.
Je viens d' aller voir ta liste. Tu te prépares quelques bon moments de lecture !
Bon week-end.

Posté par philo, 10 mai 2008 à 11:20

Milles soleils splendides,Khaled Hosseïni

Hérat, début des années soixante-dix. Mariam vit seule avec sa mère épileptique dans une Kolba (sorte de hutte) à l'écart de la ville. Son seul regard sur le monde extérieur est celui du Mollah Faizullah qui lui donne des cours de prières et se prend d'amitié pour cette enfant solitaire et celui de son père, notable de la ville qui lui rend visite une fois par semaine et auquel elle voue une admiration sans borne. A cinq ans, elle apprend qu'elle est une harami, une bâtarde enfant non désirée et dont l'existence est honteuse. C'est dans cet environnement émotionnel que Mariam grandit. A quinze ans, elle se voit marier à un veuf de Kaboul de trente ans son aîné qui est un homme brutal.
Kaboul 1978. Laila nait le jour du coup d'état installant les communistes au pouvoir. Devant la défection de sa mère qui vit uniquement dans le souvenir de ses deux fils partis pour rejoindre les moudjahidines, la fillette apprend à se débrouiller seule. Elle est très proche de son père, ancien enseignant passionné de lecture et de son voisin Tarik auquel la lie une très grande complicité.
A quinze ans sa vie bascule et son destin, par un des hasards de l'existence va se retrouvé lié à celui de Marian. L'animosité marquant le début des relations entre les deux femmes va vite se transformer en un sentiment quasi filial. Elles vont unir leur courage pour fuir la violence de leurs vie et celle de leur pays.

Après la lecture de Les cerfs-volants de Kaboul, que j'avais énormèment appréciée, je craignais d'être déçu par ce deuxième roman de l'auteur. Et bien, non ! Définitivement non !
Khaled Hosseïni peint ici deux très beaux portraits de femmes dans un Kaboul dévasté par les conflits ayant fait rage sur l'Afghanistan ces vingt dernières années. Des femmes ordinaires, marquées par des évènements terribles que par son récit, l'auteur grandit au point de leur donner une dimension quasi héroïque.
Ce livre a aussi une portée historique. Il fait une grande place au déroulement des évènements ayant secoués l'Afghanistan depuis les années 80. Ils sont à la fois la toile de fond et le fil conducteur de l'histoire, à l'origine de toutes les césures rythmant l'histoire. L'intérêt est aussi dans l'éclairage donné à ces évènements. On les voit avec les yeux et le coeur des afghans.
Le style est fluide, sans lourdeur, et emplit de pudeur. La violence des vies de Mariam et Laila, celle de la guerre et les souffrances qu'elles engendrent sont décrites sans crudité ni emphase. Les mots sont choisis avec justesse augmentant ainsi la puissance émotionnelle du récit.
Un autre regard sur le monde et l'esprit afghan, un livre très fort en émotion. Un très grand moment de lecture.

Posté par philo, 14 mai 2008 à 15:46

Geisha, Arthur GOLDEN

Dans les années trente, au Japon, Chiyo Sakamoto vit auprès de ses parents et de sa soeur dans un petit village de pêcheur de la région de Kyoto. Elle mène une enfance pauvre mais heureuse dans sa petite "maison ivre" comme elle la surnomme. Sa vie est rythmée par les baignades et les visites au port de pêche où travaille son père.
Lorsque sa mère tombe malade atteinte d'un cancer des os, son père très âgé, accepte de confié Chiyo et sa soeur Satsu à son patron. Ce dernier va vendre les deux enfants à une maison de Geisha, une "okiya" du quartier de Gion à Kioto. Satsu considérée indigne de recevoir l'enseignement de geisha est revendue et séparée de sa petite soeur.
Exilée et séparée de ce qu'elle a toujours connu et aimé, Chiyo va devoir apprendre à devenir geisha.
Elle deviendra, au prix de moultes souffrances et humiliations, Sayuri Nitta, une geisha des plus aimées et populaires du Japon.

Ce livre est une peinture d'une certaine société niponne du milieu du XXème sicle. Ecrit sous forme de mémoires, il traite sans tabou de l'éducation et de la vie d'une geisha. Un univers tout autre et beaucoup plus dur que ce que l'on pourrait croire, bien plus éloigné en tout cas de l'image de luxure et de débauche que l'on a souvent. Un monde cruel régi par des règles très complexes.
Arthur Golden s'immerge totalement dans ce personnage de femme au point que l'on finit par oublier que ce n'est qu'un roman pour être transporté dans cette okiya de Gion.
Le style poétique illustre parfaitement l'esprit et la philosophie orientale. Un seul bémol, émotionnellement parlant, je n'ai pas réussi à m'investir dans l'histoire. Ce livre reste néanmoins un très bon moment de lecture. Arthur Golden qui connait parfaitement la société japonaise nous livre un roman très instructif, à la lecture aisée. Je le recommande.

Posté par philo, 17 mai 2008 à 14:46

Quatre soldats, hubert Minarelli

Quelquepart en Russie durant la seconde guerre mondiale. Une forêt en hiver,un étang au début du printemps. En cette trève hivernale de 1919, une compagnie de l'armée russe a trouvé refuge dans cette forêt. Quatre soldats décident de cantiner ensemble. Ils s'appellent Bénia, Kyabine, Pavel et Siffra. Une très forte amitié va naître entre eux. Ce sont de ces liens très forts que nous parle l'un deux, Bénia, dans ce roman, qui retrace ses souvenirs de l'hiver 1917 et du printemps 1920. Il y a aussi cet engagé, encore un enfant, qui, parcequ'il est le seul à savoir écrire jette une aura sur les quatre amis.

Je qualifierai plus ce livre de longue nouvelle que de roman. Un livre étrange et émouvant. Les lieux comme les personnages n'ont ici que peu d'importance. L'auteur ne nous donne d'ailleurs que très peu de précisions. Ce qui comptent ce sont les sentiments. La peur, la solitude, le désarroi face à l'inconnu que ressentent ces quatres jeunes hommes, parsemés de quelques moments de joie et de quiétude.
Ce cesser-le-feu imposé par l'hiver, parenthèse dans la violence, suspend le temps et jette un voile sur ce monde d'horreur. Cette sensation imprègne tout le récit. On la ressent tant dans les dialogues que dans la description de la beauté des scènes près de l'étang.
Quatre soldat n'est pas un livre que l'on lit, mais que l'on ressent, à condition de passer outre la banalité des faits et de se laisser envahir par son essence.
Ce roman a reçu le prix Médicis.

Posté par philo, 22 mai 2008 à 16:30

Vu le retard pris sur ma liste, Je me permet de changer quelques titres contre mes dernières lectures.

Lettre L :
Gilles LEROY : Alabama song

Lettre O :
Véronique Ovaldé : Et mon coeur transparent

Lettre T :
Lawrence THORNTON : Les fantômes de Buenos Aires

Posté par philo, 01 août 2008 à 15:45

Et mon coeur transparent, Véronique Ovaldé

Au bout de dix-neuf ans de mariage, Lancelot quitte tout pour refaire sa vie avec une femme croisée au coin d'une rue. Il sera très heureux jusqu'au jour où unacxcident va précipiter Irina au fond d'une rivière. Lancelaot va alors découvrir qu'un flot de mystère entourait la vie de celle-ci. Il va alors se mettre en quête de la vérité sur la vie de celle qu'il aimait plus que tout.

L'auteur nous entraîne dans un univers parallèle qui parait presque semblable au notre mais qui est pourtant sensiblement différent. Un univers un peu plus habité dr magie où les objets disparaissent sans prévenir, comme s'ils étaient animés d'une vie propre, comme un avertissement des changements à venir.
C'est dans ce monde que se débat Lancelot, fou de douleur à la perte de celle qui était la femme de sa vie. En plus de cette souffrance il va devoir faire face à une terrible vérité : cet être qu'il aimait n'était pas celle qu'il pensait. Irina a en effet été retrouvé dans une voiture incoonnue, contenant des objets plutôt suspects.
Après l'effondrement des premiers jours et l'abrutissement des calmants Lancelot reprend sa vie en main et tente de remonter le fil des mystères entourant la vie de sa femme. Les découvertes qu'il va faire vont bouleverser sa propre vision de l'existence.
Un très agréable moment de lecture, une petite incursion dans un univers empreint de merveilleux. Le déchirement intérieur du personnage principal qui peu à peu ouvre les yeux pour faire face à la réalité, l'mprégnation du Moi par celui de l'être aimé sont dépeints avec une grande sensibilité.

Posté par philo, 01 août 2008 à 15:47

Mon père, Eliette ABECASSIS

Héléna a adoré son père. Elle lui a sacrifié sa vie de femme. Depuis sa mort, elle vit absoluement seule, refermée sur elle-même, ne sortant presque pas de son appartement par peur du monde extérieur.
Un jour, elle reçoit une lettre d'un certain Paul, qui se dit être son demi-frère et dont elle n'a jamais entendu parler. Elle accepte de le recevoir et ensemble, ils vont rechercher des informations sur le passé de leur père, afin de découvrir la vérité sur ce secret qu'il a emmené avec lui dans la tombe.

Un livre introspectif sur la relation au père et sa complexité. Sur ce que cette figure reprèsente : tout pour l'un, un grand vide à combler pour l'autre. Un livre sur le besoin impératif que l'on ressent à découvrir la vérité sur nos origines quelque soit la force de la peur et des doutes qui peuvent nous assaillir au cours de notre quête et quelque soit le prix à payer.
Une analyse tout en finesse d'un amour sincère, total, mais qui va se révéler totalement destructeur.

Eliette Abécassis nous livre un texte tout en émotion et en sensibilité susceptible de réveiller en chacune de celle qui ont connu la douleur de la perte du père un grand nombre d'échos familiers.
Que sommes nous, comment se reconstruire après la perte du pilier central de notre existence ?

Posté par philo, 04 août 2008 à 13:45

Alabama song, Gilles LEROY

“Les garons des clubs, les jeunes officiers du mess, je les tiens dans ma main gantée de fil blanc. Je suis Zelda Sayre. La fille du juge. La future fiancée du grand écrivain.
Du jour où je l'ai vu, je n'ai plus cessé d'attendre. Et d'endurer, pour lui, avec lui, contre lui.”

Ce roman est inspiré de la vie de Zelda Fitzgérald. En 1940, elle replonge dans ses souvenirs et raconte sa vie de sa rencontre avec Scott Fitzgerald jusqu' à la mort de ce dernier.
Il ne s'agit pas ici d'amour, comme on pourrait le croire mais d'une relation ravageuse.
En 1918, Zelda est belle, fougueuse, rebelle. Elle est la reine de la petite ville de Montgoméry, la fille du juge. Elle est Miss Alabama.
Au club des officiers, ellle rencontre Scott Fitzgerald, jeune lieutenant tout frais moulu qui rêve de devenir écrivain. Ils ont en commun leur amour de la vie, leur ambition de conquérir le monde et leur passion pour l'écriture.
Le premier roman de Scott est un succès et le jeune couple devient rapidement la coqueluche du Tout New-York, puis de la France. Frasques, comportements indécents, alcool, drogue vont devenir leur lot quotidien.
Zelda est l'égérie de Scott. Il s'inspire de sa vie, son corps, son âme. En manque d'inspiration, il ira jusqu'à lui voler ses écrits.
Le penchant de Scoot pour les hommes l'entraîne vers des amitiés masculines ambigües. La jeune femme est bafouée, humiliée.
Zelda connaît tout de même un grand amour, caché au coeur d'une Calanque. Mais le prix à payer pour ces quelques semaines de bonheur est trop élevé. Il finit de la briser.
La jeune fille éclatante, adulée,à qui la vie promettait tout les bonheurs, passe ses derniers jours dans un hospital psychiatrique complètement détruite, incapable de se reconstruire dans une solitude quasi-totale.

De ce livre, j'ai aimé l'approche de Gilles Leroy. Il décrit les émotions de cette femme vampirisée par son mari, sa déchéance et sa lutte désespérée pour exister malgré lui et malgré tout avec une rare sensibilité.
J'ai été quelquefois destabilisée par la succession passé-présent. L'auteur alterne les confessions de Zelda faite à son médecin en 1940 et les plongées qu'elle fait dans ses souvenirs. Les premiers entrecoupent les seconds et sont parfois anachroniques. Comme tout le livre est écrit au passé, cette alternance m'a paru embrouiller quelque peu le fil de l'histoire.
Au final, un livre très émouvant et triste malgré un style plutôt léger. Un très beau roman qui m'a néanmoins laissé un impression mitigée.

Posté par philo, 08 août 2008 à 15:08

Les Fantômes de Buenos Aires, Lawrence THORNTON

Durant un peu près une décennie, l'Argentine a vécu sous la dictature Des Généraux. De Buenos Aires à la Terre de Feu, en passsant par le village le plus isolé de la Pampa, chacun a ressenti la peur, la suspicion. Chaque famille a connu la douleur de perdre ou l'un des siens ou un ami proche. En cause : il avait dit ou écrit une parole de trop, il avait fait un geste anti-conventionnel.
Le pire était peut-être pour ces gens l'ignorance dans laquelle ils se trouvaient. Qu'était-il arriver à leurs êtres chers ?
C'est cette douleur qu'a expérimenté Carlos Rueda. Carlos est l'un des fondateurs du Théâtre pour enfants de Buenos Aires. Auteur, acteur et musicien, il est marié à Cécilia, journaliste. Ensemble, ils ont une fille Teresa.
Un soir, suite à l'un de ses articles, Cécilia est enlevée. Elle se volatilise dans une des fameuses Falcon verte des hommes des Généraux. Elle devient alors l'un de ces fantômes qui hantent toutes les rues du pays.
Après un moment de doute et de désespoir, Carlos, cherchant à retrouver sa femme va se découvrir un don. Il arrive à voir le destin de toutes ces personnes disparues. A compter de ce jour, des parents, des frères vont affluer dans son jardin dans l'espoir qu'il leurs décrive ce qui est arrivé à leurs proches enlevés.
Ce sont ces quelques années, suivant la disparition de Cécilia que nous conte ici le narrateur, Martin Benn, l'un des meilleurs amis du couple, journaliste lui aussi.

Une plongée dans une des pages noires de l'Histoire contemporaine : la dictature qu'a subi le peuple argentin. Mais ici, il ne s'agit pas principalement des faits. Plutôt du vécu, du ressenti, de l'évolution psychologique des protagonistes.
Le pragmatisme du narrateur s'y confronte avec l'oniromancie de Carlos. Et paradoxalement, c'est avec ce don étrange qui lui permet d'écrire les pages de la vie des disparus; au travers de ses rêves éveillés que Carlos nous plonge au plus près de la réalité de ces terribles années.
J'ai perçu ce roman avant tout comme une apologie de l'imagination et de sa force. Au milieu de l'horreur et de l'atrocité, il ne reste qu'un moyen pour survivre, pour lutter lorsque tout acte de rebellion échoue.
Face à la force brute, à la violence et à la volonté d'annihiler toute individualité, la seule réponse est la force de l'esprit, sa capacité presque magique à se projeter en d'autres lieux, à occulter la réalité. C'est cette force qui a permis à nombre de ces disparus de survivre. Ce sont les rêves de Carlos qui par leur pouvoir ont porté les coups nécessaires à l'effondrement de cette dictature. Mon propos peut ici paraître excessif, mais je ne peux vous en dire plus sans risquer de trop vous dévoiler l'intrigue.
Dans un style fluide, précis, Lawrence Thornton nous livre un texte puissant et très émouvant. Un roman, qui s'il se déroule a un moment donné dans un endroit précis, est somme toute universel.

Posté par philo, 11 août 2008 à 12:00

L'homme qui murmurait à l'oreille des chevaux, Nicholas EVANS

Tom Booker est ce que l'on appelle dans les vielles histoires américaines un chuchoteur. Il a un don avec les chevaux. Ilest capable de rendre le plus enragé d'entre eux doux comme un agneau.
Il vit dans le Montana où il gère le ranch familial avec son frère Frank et sa famille.
C'est vers Tom que va se tourner Annie Graves Maclean, suite à l'accident qui a rendu sa fille handicapée et fou son cheval Pilgrim. Il lui apparait comme une évidence que l'enfant ne pourra pas guérir si son cheval ne se remet pas.
Pendant quelques semaines, la mère et la fille vont, en même temps que Pilgrim, panser leurs blessures et réapprendre le vrai sens de la vie.

Nicholas Evans nous entraine pour un voyage dans les grands espaces américains. Voyage qu'il est très difficile de lâcher en cours de route.
La description très détaillée et vivante des lieux nous emporte. On sent le parfum des fleurs dans les prairies, celle des chevaux, la caresse du soleil et du vent.
Ces lieux majestueux sont habités par des personnages attachants. Un homme Tom, loyal, entier et foncièrement bon qui pense que
“l'éternité n'est qu'une longue suite d'instant et qu'un homme n'a rien de mieux à faire que de vivre pleinement chacun d'eux.”
Une femme d'affaire, Annie, Stressée et qui noyée dans son travail s'est éloignée de sa famille et a oubié de vivre.
Une enfant, Grâce, gaie et insouciante dont la jeune vie a été détruite par un terrible accident. Elle en est restée handicapée et inapte à se reconstruire.
La mère et la fille vont réapprendre à se connaître et remonter les pans de leur vie grâce à et au travers de cet homme et du travail qu'il effectue avec Pilgrim.

Les maîtres mots de ce roman sont amour et respect : de ces terres indomptées, des chevaux (qui tiennent bien sûr une place très importante de l'histoire) et des autres. Une belle histoire dans des décors sublimes, par moment émouvante et faite juste pour rêver un peu. Un joli moment de lecture.

Par rapport au film du même nom :
Robert Redford a très bien sû rendre l'esprit du texte et la trame de l'histoire. Qui a aimé ou pas le film, aimera ou pas le llivre.
Par contre, il s'est beaucoup moins appesantit sur les personnages : la vie de la famille Maclean avant l'accident de Grâce, la famille Booker, leur personnalité et l'évolution psychologique que vont connaître la mère comme la fille.
Il existe bien sûr quelques différences entre livre et film. La plus grosse est la fin, tout autre et inattendue pour ceux qui connaîtraient le film.

Posté par philo, 13 août 2008 à 21:02

Jane Austen et le prisonnier de Wool House, Stéphanie BARRON

Nous sommes en 1807 à Southampton en pleine période de guerre navale entre la France de Napoléon et l'Empire britannique. C'est là que vivent Jane Austen et son frère Franck, capitaine de la Royal Navy, momentanément sans vaisseau.
Le meilleur ami de Franck, le capitaine Tom Seagraves, est accusé par son premier lieutenant Eustace Chessyre, du meurtre d'un capitaine français alors que ce dernier venait de se rendre. Le cas est grave car il est contraire aux lois de la guerre et Aggraves risque la pendaison... Frank, convaincu de l'innocence de son ami va tout mettre en œuvre pour le sauver. Mais l'affaire est complexe et l'arme du crime est bien le poignard de Seagrave...

Stéphanie Barron a écrit plusieurs romans inspirés des courriers et des notes personnelles de Jane Austen. Celui-ci est le sixième. Écrit sous forme de journal intime, ce roman, à mi-chemin entre policier et peinture sociale est captivant, sans temps mort et réserve nombre de surprise.
Les faits se déroulent à Southampton au début du XIXème siècle dans le milieu de la société navale.
De premier abord dubitative, l'idée de mettre Jane Austen en situation et de lui faire vivre des aventures qu'elle n'a probablement pas vécu me paraissait quelque peu saugrenue. Mais bon, devant l'insistance de ma libraire, je me suis laissée tenter.
Ce fût une très agréable surprise. J'ai été séduite par le style très XIXème, qui nous replonge immédiatement dans l'époque. L'écriture est enlevée, non dénuée d'humour.
La description des lieux et des situations « à l'anglaise » avec force détails nous transporte dans les rues de Southampton et dans son atmosphère maritime.
L'analyse sociale faite à partir des écrits de Jane Austen est également d'une grande précision et me semble-t-il d'une grande justesse.
Le rythme soutenu de l'intrigue ne laisse aucun répit. On ne s'ennuie à aucun moment.
A découvrir pour les amateurs de littérature anglaise et les amoureux de Jane Austen.

Posté par philo, 18 août 2008 à 21:45

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